J’avais à peine 4 ans et pourtant j’ai un souvenir très net de l’enterrement de Leonid Brezhnev (oui, celui qui roulait des grosses pelles à ses camarades sur les pistes d’aéroports). Non parce qu’il s’agissait non moins du Premier Secrétaire du Parti Communiste Soviétique de 1964 jusqu’à sa mort, donc du leader de l’URSS, grande puissance mondiale, rivale de l’Occident dans ce qu’on a appelé la Guerre Froide. Non plus parce que son enterrement fut l’objet des fastes les plus grandioses de Moscou-la-Rouge, et fut retransmise par les TV du monde entier. De tout ça, un enfant de 4 ans s’en fout…
Si je m’en souviens si bien, c’est que cette retransmission télévisée à pris une tournure burlesque à la maison. Tout d’abord, mon frère de 6 ans pleurait à chaudes larmes parce que quelqu’un était mort, et qu’en soi c’est toujours triste. OK, c’est vrai, mais heureusement que le Mac-Cartysme ne sévissait pas chez nous à cette époque, car pleurer un Premier Secrétaire du Parti Communiste Soviétique, ça valait la chaise électrique à une certaine époque! Marrant aussi, la réaction de mon autre frère (8 ans) qui prétendait que, dixit « Brezhnev ne demandait que de la paille au peuple tandis que son successeur allait leur prendre de l’or » ! Où est-ce qu’il est allé tout ça ? Erronée ou pas, c’est quand même une analyse de fou pour un gosse de ce âge.
Après deux mandats très courts (Andropov, puis Chernenko, tous deux morts au bout d’une dizaine de mois, ça sent le Polonium tout ça
), le premier successeur durable de Brezhnev fut un certain Michail Gorbatchev. La suite, on la connait …
Avec le recul, je me dis qu’avec Brezhnev, c’est le bloc de l’Est pur et dur qui disparaissait, avec ses vieux généraux bardés de médailles, ses missiles nucléaires synonymes d’apocalypse, ses génies en tous genres, ses athlètes stupéfiants (ouhaaaa, le jeu de mots !), ses cosmonautes bardés du sigle « CCCP », … Bref ce qui commençait à se désagréger, c’était cette chose immense , muette et puissante, tout de gris et de rouge rayonnante, ce monde inconnu et vaguement menaçant que nous appelions « l’est », comme nous aurions pu l’appeler « l’autre ».
Et bien sûr, Youtube nous le fait revivre en images!



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