'90

Les livres d’histoires retiendront que la première Guerre du Golfe (Persique) (2 aout 1990 – 28 février 1991) fut la première guerre-show, où le choc des images et leur relais 24 heures sur 24 sur CNN (un concept novateur pour nous, européens) faisaient partie de l’arsenal américain au même titre que les missiles Patriot (tueurs de Skuds) ou Tomawak.

C’est effectivement ainsi que j’ai vécu cette guerre, scotché chaque soir au poste de télévision. Excité, voire fasciné par ce que faisaient les « nôtres » à leurs ennemis, le tout en images infrarouges (ces fameuses images verdâtres) filmé depuis la terrasse d’un grand hôtel. Car, il ne faut pas l’oublier, contrairement à la seconde Guerre du Golfe (20 mars 2003 - …), cette guerre, menée avec l’assentiment de l’ONU, impliqua la coalition de nombreux pays Occidentaux et Arabes contre l’Irak, et son déclanchement fut beaucoup moins controversé. Pour cette raison, nous avions le sentiment simpliste d’une situation claire : les méchants ont attaqué un gentil, et donc tous les gentils vont le défendre.

Autre idée simpliste, mais beaucoup plus discutable encore : le concept de guerre propre, de guerre chirurgicale. On nous a vendu l’idée que les Tomawaks, ces bistouris militaires hi-tech (pensez-vous, ils avaient le GPS de série, comme sur la jolie voiture de votre voisin aujourd’hui !), frappant uniquement des cibles militaires, ne faisaient pas de dégâts dans la population civile. Je me souviens d’avoir vu, interviewé à la sortie de son cockpit, un jeune pilote tout excité d’avoir bombardé Bagdad « comme dans un jeu vidéo ». Je ne suis pas sûr qu’en bas, le père de famille qui a passé la nuit avec ses gosses terrorisés dans les bras ait autant apprécié le spectacle… sans parler des erreurs de frappe, des pénuries et autres inévitables dommages « collatéraux ».

Bref, on ne va pas refaire l’histoire (en tous cas pas ici), mais en cet après l’été 1990, j’ai pris 2 décisions, du haut de mes 12 ans :
- je ne croirai plus sans réfléchir tout ce que l’on dit à la télévision ;
- le prochain qui me parle de guerre propre, je lui balance un crachat (propre !) en pleine figure.

Et dire que tout cela ne faisait que commencer…

Souvenir du 1990-08-02, écrit par bertdelongue  |  tags: , ,

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