Le Compact Disc (CD pour les intimes) peut paraître un peu obsolète à l’heure des iPods et autres avatars de la musique numérique ultra portable, mais pendant des années (particulièrement celles qui commençaient par 199…) c’était le top de la modernité, l’object mythique qu’il se devait de posséder!
Il y eut en effet dans les années 90’ une véritable vague CD (à l’époque, on ne parlait pas encore de Tsunamis). Tous se mirent à écouter et surtout à acheter plus de musique, les plus jeunes demandant un CD de Goldman, de Dorothée ou de New Beat à Saint Nicolas, au Père Noël et aux cloches de Rome, et les plus anciens voulant à tout prix recréer leur discothèque d’Elvis, des Beatles ou de Mozart avec le son digital, s’il vous plaît !
En plus de la qualité d’écoute, le CD était une petite révolution pour les utilisateurs. Bien plus solide que les bons vieux disques LP et 45 tours (qui n’a jamais été agacé par un disque griffé ? SHRRR qui n’a jamais été agacé par un disque griffé ? SHRRR qui n’a jamais été agacé par un disque griffé ? SHRRR qui n’a jamais été agacé par un disque griffé ? SHRRR …), il permettait également de passer d’une chanson à l’autre instantanément ! La casette n’avait qu’à bien se tenir, avec ses interminables ‘Rewind’ et ‘FF’, qu’on devait faire à la main, avec un crayon si par malheur les piles de notre Walkman étaient plates !
Pourtant, le CD n’a pas tué la casette tout de suite! En effet, pour le plus grand malheur des utilisateurs, et pour le plus grand bonheur des constructeurs et des ‘majors’ du divertissement, le CD était incopiable ! Si bien que pendant toutes les années 90’ la casette était le support dédié aux copies pirates (mais vraiment en cas de besoin, il était très peu distingué de ne pas acheter le CD de nos artistes préférés) et aux inévitables « best of morceaux choisis » que l’on se constituait patiemment à coups de ‘rec-play-pause’… Mais le graveur CD à eu raison de la casette, comme les baladeurs MP3 ont tué le CD (c’est vrai que les Discman, c’était une plaie).
Je me souviens très bien de mon premier lecteur CD, acheté avec les sous reçus à ma grande communion ! Une Sound Machine de sous-sous marque (« Delcom », pour les fins connaisseurs) avec double-deck autoreverse, tuner AM/FM à roulette … et bien sûr la précieuse platine laser sur le dessus. Je me souviens encore de son prix : 23.000 Francs Belges (575 euro), au Cora du coin ! C’est dingue, quand on pense à tout ce que l’on peut avoir aujourd’hui pour 575 euro :
- un petit iPod (200 euro) ;
- une camera digitale d’entrée de gamme (275 euro) ;
- un téléphone portable (100 euro).
Et on dit que le coût de la vie augmente, mais ce sont aussi (surtout) nos besoins qui s’intensifient !
Je me souviens aussi d’un voyage à Prague, quelques années après l’ouverture du « rideau de fer », où nous avions acheté tout plein de CD vendus en rue à seulement l’équivalent de 9 euro, au lieu de 20 ou 25 d’ordinaire… Tout notre argent de poche y passait, mais c’est vrai qu’on n’avait pas de recharges GSM à financer ;-).
Finalement, les évolutions technologiques ont fortement influencé notre manière de consommer la musique. Et la vague CD n’aura sans doute été qu’une parenthèse, où nous étions plus consommateurs que jamais ! N’empêche, quel plaisir c’était d’extraire le tout nouvel album de notre artiste préféré de sa gangue de cellophane, et de découvrir chanson par chanson (en passant de l’une à l’autre d’un simple clic !) tout en feuilletant le joli livret qui sent bon l’encre, pour enfin remettre le CD dans son boitier bien ajusté, et le glisser dans la grande colonne qui maintient notre belle CD-thèque bien alignée … Proust avait ses madeleines, moi mes disques laser !



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