'01

“Good night, and God bless America.” Ce sont les derniers mots du discours du Président des USA, adressé à la nation et au monde au soir du 11 septembre 2001, le jour qui a changé la face du monde.

Souvenez-vous : en 2001, il n’y avait plus les Ruskoff pour nous effrayer avec leurs satanés missiles nucléaires et quand un dictateur du Moyen-Orient se permit une petite incursion hors de ses frontières, les Boys le renvoyèrent sans ménagement à ses pénates à coups de Tomawak dans le derche. On parlait à peine du poids économique de la Chine et de l’Inde, cantonnés au rôle d’« ateliers du monde ». L’économie mondiale se remettait sans trop de mal de l’éclatement de la « bulle Internet » et commençait à engranger les vrais profits de la toute neuve Société de l’Information.

 Bref tout allait bien dans le meilleur des mondes pour nos petites faces d’Occidentaux, la Pax Americana régnait, sous l’égide mono-polaire de notre Grand Oncle Sam, qui était encore à nos yeux la méga-puissance protectrice de 1945.

Et puis Boum, quatre fois Boum. Quatre oiseaux de fer tombent du ciel, 2 tours s’écroulent. Et en quelques heures il paraît évident que plus rien ne sera comme avant. Le monde, qui se demande si le colosse américain a les pieds en argile, a les yeux rivés sur les images TV dont la fumée épaisse semble se dégager dans chaque foyer. Et le soir de ce jour maudit, le commandant en chef de la nation George W. Bush (oublié, le candidat médiocre et controversé de novembre 2000) lance pour la première fois ces mots qui ne le quitteront plus : « guerre contre le terrorisme », « axe du mal », « combat pour la liberté ». Blessé, le grand oncle bienveillant devint une brute : frapper, faire mal, rendre ce coup terrible à son auteur, ou à défaut à quelqu’un qui lui ressemble. Ce sera l’Afghanistan d’abord, où se refugierait un Oussama Ben Laden qu’on cherche toujours. Puis l’Irak, sous prétexte d’une soi-disant menace,  ce qui a fortement divisé les américains et les européens.

Mais sur le coup, on pensait à tous ces Américains, ces gens presque comme nous qui allaient tranquillement au boulot ou en voyage. A cette ville de New York, la Grande Pomme de nos rêves, croquée par des fous haineux. On se sentait surtout solidaires avec les USA. Je me souviens qu’avec notre groupe rock, on a failli auto-censurer une chanson sur scène quelque jours plus tard, parce qu’elle avait un ton trop politique (pourtant ceux qui nous connaissent savent que nos chansons on surtout un ton humoristique !) …

Je ne sais plus qui m’a prévenu si vite, mais j’étais devant ma télé quand le deuxième avion a frappé les tours, 17 minutes après le premier. J’étais abasourdi : un seul avion, ça peut être un incroyable accident, ou l’œuvre d’un fou isolé. Mais s’il y a deux, il peut y en avoir 10 ! Les mots « complots », « terroristes », « attaque » on fait irruption dans la télé, sur toutes les chaines et dans toutes les langues (quelle impression de fou : zapper sur des dizaines de chaines, et voir les mêmes images partout !).

Aujourd’hui, on dit que tout cela est peut-être « d’une certaine Amérique », le gros lobby des armes et du pétrole, qui voulait la guerre. Je ne le crois pas : pourquoi se fatiguer à organiser des fausses attaques, alors qu’il suffit de laisser faire les vrais fous qui pullulent sur cette planète, puis d’en instrumentaliser les actes ? Si cette « certaine Amérique » existe, et qu’elle en a les moyens, sûr qu’elle en a aussi le cynisme !

Vraiement, on ne peut pas dire que ces meurtres soi-disant idéologiques aient amélioré le sort de qui que ce soit sur notre belle planète. Sans idéaliser l’avant 11 septembre, il est par contre clair que depuis la haine, la colère et la peur ont monté d’un cran un peu partout.

D’ailleurs, en parlant de trouille : j’ai eu la mauvaise idée de prendre un avion le 11 septembre dernier … plus jamais ! Je me suis retrouvé avec d’authentiques Talibans, des vrais, petits, bruns, avec la barbe à la Ben Laden ! Tout le monde à bord semblait trouver ça normal, mais sincèrement, j’ai failli pas le prendre, cet avion. D’ailleurs, je n’ai jamais aimé ça, les anniversaires !

Souvenir du 2001-09-11, écrit par bertdelongue  |  tags: , ,

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'81

21 mai 81. Je n’étais pas grand mais je m’en souviens comme si c’était hier!

Et puis après 7 ans, il y eut ce grand moment de bonheur! Vécu en direct.
http://www.youtube.com/watch?v=pvmpvZdTexc

Trentenaires, nous sommes des années “tonton”. Qu’on l’aime où pas, il fait partie de notre histoire.

Souvenir du 1981-05-21, écrit par Nico  |  tags: , ,

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'82

J’avais à peine 4 ans et pourtant j’ai un souvenir très net de l’enterrement de Leonid Brezhnev (oui, celui qui roulait des grosses pelles à ses camarades sur les pistes d’aéroports). Non parce qu’il s’agissait non moins du Premier Secrétaire du Parti Communiste Soviétique de 1964 jusqu’à sa mort, donc  du leader de l’URSS, grande puissance mondiale, rivale de l’Occident dans ce qu’on a appelé la Guerre Froide. Non plus parce que son enterrement fut l’objet des fastes les plus grandioses de Moscou-la-Rouge, et fut retransmise par les TV du monde entier. De tout ça, un enfant de 4 ans s’en fout…

Si je m’en souviens si bien, c’est que cette retransmission télévisée à pris une tournure burlesque à la maison. Tout d’abord, mon frère de 6 ans pleurait à chaudes larmes parce que quelqu’un était mort, et qu’en soi c’est toujours triste. OK, c’est vrai, mais heureusement que le Mac-Cartysme  ne sévissait pas chez nous à cette époque, car pleurer un Premier Secrétaire du Parti Communiste Soviétique, ça valait la chaise électrique à une certaine époque! Marrant aussi, la réaction de mon autre frère (8 ans) qui prétendait que, dixit « Brezhnev ne demandait que de la paille au peuple tandis que son successeur allait leur prendre de l’or » ! Où est-ce qu’il est allé tout ça ? Erronée ou pas, c’est quand même une analyse de fou pour un gosse de ce âge.

Après deux mandats très courts (Andropov, puis Chernenko, tous deux morts au bout d’une dizaine de mois, ça sent le Polonium tout ça ;-) ), le premier successeur durable de Brezhnev fut un certain Michail Gorbatchev. La suite, on la connait …

Avec le recul, je me dis qu’avec Brezhnev, c’est le bloc de l’Est pur et dur qui disparaissait, avec ses vieux généraux bardés de médailles, ses missiles nucléaires synonymes d’apocalypse, ses génies en tous genres, ses athlètes stupéfiants (ouhaaaa, le jeu de mots !), ses cosmonautes bardés du sigle « CCCP », … Bref ce qui commençait à se désagréger, c’était cette chose immense , muette et puissante, tout de gris et de rouge rayonnante, ce monde inconnu et vaguement menaçant que nous appelions « l’est », comme nous aurions pu l’appeler « l’autre ».

Et bien sûr, Youtube nous le fait revivre en images!

Souvenir du 1982-11-15, écrit par bertdelongue  |  tags: , , ,

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'90

Les livres d’histoires retiendront que la première Guerre du Golfe (Persique) (2 aout 1990 – 28 février 1991) fut la première guerre-show, où le choc des images et leur relais 24 heures sur 24 sur CNN (un concept novateur pour nous, européens) faisaient partie de l’arsenal américain au même titre que les missiles Patriot (tueurs de Skuds) ou Tomawak.

C’est effectivement ainsi que j’ai vécu cette guerre, scotché chaque soir au poste de télévision. Excité, voire fasciné par ce que faisaient les « nôtres » à leurs ennemis, le tout en images infrarouges (ces fameuses images verdâtres) filmé depuis la terrasse d’un grand hôtel. Car, il ne faut pas l’oublier, contrairement à la seconde Guerre du Golfe (20 mars 2003 - …), cette guerre, menée avec l’assentiment de l’ONU, impliqua la coalition de nombreux pays Occidentaux et Arabes contre l’Irak, et son déclanchement fut beaucoup moins controversé. Pour cette raison, nous avions le sentiment simpliste d’une situation claire : les méchants ont attaqué un gentil, et donc tous les gentils vont le défendre.

Autre idée simpliste, mais beaucoup plus discutable encore : le concept de guerre propre, de guerre chirurgicale. On nous a vendu l’idée que les Tomawaks, ces bistouris militaires hi-tech (pensez-vous, ils avaient le GPS de série, comme sur la jolie voiture de votre voisin aujourd’hui !), frappant uniquement des cibles militaires, ne faisaient pas de dégâts dans la population civile. Je me souviens d’avoir vu, interviewé à la sortie de son cockpit, un jeune pilote tout excité d’avoir bombardé Bagdad « comme dans un jeu vidéo ». Je ne suis pas sûr qu’en bas, le père de famille qui a passé la nuit avec ses gosses terrorisés dans les bras ait autant apprécié le spectacle… sans parler des erreurs de frappe, des pénuries et autres inévitables dommages « collatéraux ».

Bref, on ne va pas refaire l’histoire (en tous cas pas ici), mais en cet après l’été 1990, j’ai pris 2 décisions, du haut de mes 12 ans :
- je ne croirai plus sans réfléchir tout ce que l’on dit à la télévision ;
- le prochain qui me parle de guerre propre, je lui balance un crachat (propre !) en pleine figure.

Et dire que tout cela ne faisait que commencer…

Souvenir du 1990-08-02, écrit par bertdelongue  |  tags: , ,

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'94

J’avais 15 ans lorsque nous visitâmes Israël en famille. Nous étions en 1994, il y avait les accords de paix d’Oslo et le prix Nobel de la Paix pour Yitzhak Rabin, Shimon Peres et Yasser Arafat, donc tout allait bien. Dès lors, pourquoi ne pas visiter la mythique Jérusalem, se laisser flotter sur la Mer Morte, contempler la Judée depuis la forteresse de Masada, s’immerger dans le Lac de Tibériade ou grimper sur les flancs du Mont Sinaï ? Bref, le pays était en paix, et ses riches trésors culturels et naturels n’attendaient que nous, touristes et globe-trotters devant l’éternel !

Mais quelques kilomètres plus loin, une jeep militaire nous rattrape et nous fait signe de nous ranger. En descend un caporal, barbe fleurie et gilet pare-balle, qui nous conseille avec insistance, l’air fébrile, de remettre à demain nos projets touristiques. « La nuit, ce n’est pas sûr, on lance des pierres sur les voitures Israéliennes ». Ah bon, ben demi-tour alors.

Le lendemain, une conversation que j’ai eue avec un marchand de souvenir  près de la fameuse étable de la nativité (mais il faut beaucoup d’imagination pour y voir une étable !) m’a particulièrement marqué. Il me demandait de citer tous les pays que j’avais déjà vus. Et moi d’énumérer, la petite dizaine de pays dans lesquels, de vacances en voyages scolaires, j’avais mis le pied. A chaque nom cité, son œil s’illuminait brièvement d’admiration. Quand j’en eus fini, il me dit : « j’ai 70 ans, et je n’ai jamais pu sortir d’ici. Je mourrai certainement sans avoir quitté la Cisjordanie, alors que toi, tu t’allumes une cigarette ici, et tu l’écrases à Jérusalem. »  Il a dit cela sans colère, sans agressivité. Il voulait juste me faire ressentir son enferment invisible, sa tristesse de ne pouvoir découvrir le monde comme j’avais la chance de le faire.

Je ne dis pas ça pour faire larmoyer ou pour prendre parti, je relate un témoignage, c’est tout. Surtout que j’avais pris comme livre de route « ô Jérusalem » de Lapierre et Collins, qui relate le combat pour l’indépendance d’Israël. J’étais plein d’admiration pour ces hommes et ses femmes qui, après avoir survécu à l’horreur nazie avaient réussi à force de courage et d’ingéniosité (et avec l’aide de généreux donateurs Juifs Américains !) à créer leur état et à gagner la guerre que leur ont déclaré tous leurs voisins le jour de leur indépendance! J’étais si admiratif, que je m’étais acheté un T-shirt de Tsahal, que j’arborais fièrement de Eilat à Tel-Aviv ! Mais quand les victimes d’hier deviennent bourreaux, est-ce qu’ils n’ont pas perdu le combat le plus important ?

Ok, là ça devient philiosophico-politico-lourd. Mais pensez-y : nous autres trentenaires, on entend chaque jour et depuis toujours (à l’exception précisément, d’une courte pause autour de 1994) des nouvelles tristes venant dans cette partie du monde. Au point qu’on ne sursaute même plus quand on entend qu’un kamikaze a fait sauter un bus à Tel-Aviv ou qu’une famille palestinienne à été décimée par un hélicoptère de combat. Alors, peut-être que penser à la paix, vouloir la paix pour ces hommes, ces femmes et ces enfants qui vivent là où le premier hippie de l’Histoire à dit « Aimez-vous les uns les autres », ça vaut bien une petite prise de tête.

Pour la petite histoire, j’espère que notre ami marchand de souvenir n’as pas vécu assez vieux que pour voir s’ériger le mur de béton de 8 mètres de haut qui remplace aujourd’hui le petit Check-point de Bethlehem …

Souvenir du 1994-07-20, écrit par bertdelongue  |  tags: , ,

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